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NE PAS NEGLIGER UNE ENTORSE de la CHEVILLE

CONTRIBUTION PERSONNELLE.                                                                     RETOUR D’EXPERIENCE .

 

NE JAMAIS NEGLIGER UNE ENTORSE DE CHEVILLE !

(Christian BERNARD –masseur kinésithérapeute ROCHECHOUART-SAINT JUNIEN Handball)

(avec la participation des chevilles de Mathilde , Fanny , Axelle, Marion, Dyliana, Agnès , Emilie et Agathe).

 L’entorse aiguë de la cheville (lésion du ligament latéral collatéral) lors de la pratique du sport et particulièrement le handball féminin est l’une des lésions les plus fréquentes, représentant près de 30 % des accidents liés à la pratique du handball.

 10 % à 50 % des joueuses présentent des douleurs chroniques post entorse de cheville dont la cause la plus fréquente réside en un conflit des structures ligamentaires, dans le cadre des « Syndromes des Carrefours Antérieurs et Postérieurs ». ( La commission médicale de la fédération française de handball publie régulièrement des articles sur cette pathologie).

Le port habituel et régulier d’une attelle de maintien (chevillière) chez une handballeuse  après entorse de cheville signe une rééducation ou réathlétisation mal conduite tant sur le plan fonctionnel que sur le plan psychologique.

La littérature scientifique s’accorde aujourd’hui pour reconnaître qu’il n’existe pas d’entorse de gravité légère, moyenne ou grave. Il y a entorse ou pas et la conduite thérapeutique à tenir devant une telle pathologie doit être la même quelque soit le mode d’apparition du traumatisme, et des signes cliniques présents. L’œdème, la douleur, le craquement  et l’impotence fonctionnelle ne sont pas à priori des critères majeurs (même s’ils sont à prendre en considération pour orienter le diagnostic) déterminant avec précision de la gravité d’une entorse. Toujours se méfier des signes cliniques (apparemment bénins) d’une entorse qui peuvent cacher une fracture de malléole externe. De même faire reprendre un match avec strapping sans examen clinique complet, ni temps de repos conséquent  est très dangereux pour l’athlète et pour celui qui pose la contention adhésive.

Hormis une torsion de cheville où la douleur et une légère impotence fonctionnelle disparaissent généralement en quelques jours sans hématome ; l’entorse de cheville reste une pathologie majeure lors de la pratique du handball.  Souvent négligée par la joueuse qui ne souffre pratiquement plus après quelques séances de glaçage et massage avec pommade  à l’arnica ou gaulthérie  ; celle-ci reprend le chemin du gymnase, cheville maintenue par un « semblant mal ajusté» de contention adhésive de fabrication personnelle. Seulement dans 25% des cas, la récidive survient moins de 3 mois sur la même cheville, ou une tendinopathie chronique voire pire… lorsque ce n’est pas une rupture du ligament croisé antéro-externe  du genou  !

Une suspicion d’entorse de cheville doit faire l’objet d’une évaluation par un masseur kinésithérapeute qui après les soins d’urgence, orientera la blessée vers une consultation médicale qui déterminera en fonction des critères d’Ottawa  le recours à des examens radiologiques. Une IRM à distance du traumatisme évaluera précisément les lésions ligamentaires…Et confirmera ou non l’examen clinique.

En l’absence de lésions osseuses on évitera d’immobiliser  par plâtre ou résine une entorse de cheville chez un sportif quelque soit le degré d’altération (étirement ou rupture) des faisceaux du ligament latéral collatéral. Par contre le traitement fonctionnel doit être rigoureux car il influera l’avenir de la cheville.  Le port dans un premier temps d’une attelle de maintien et la marche avec cannes anglaises suffit. Cela évite la perte de sensibilité des mécano-récepteurs proprioceptifs et favoriserait …La cicatrisation du système capsulo-ligamentaire.

Une immobilisation  de  cheville après entorse favorise la fonte des muscles du membre inférieur  notamment les muscles fessiers, muscles qui sont parmi  les plus importants lors de la pratique sportive.

L’arrêt  de la pratique sportive (handball) est de 3 à 6 semaines  après une entorse de la cheville. Pendant cet arrêt la joueuse doit impérativement et immédiatement après diagnostic médical,  bénéficier d’une rééducation sous la conduite d’un kinésithérapeute. S’ensuit une phase de  réathlétisation de une à trois semaines conduite et contrôlée par un kinésithérapeute spécialisé en pathologie sportive.

Certes le moyen le plus efficace d’éviter une entorse de cheville reste d’effectuer des séances de prévention. De nombreuses études principalement scandinaves l’attestent et des séances a cet effet sont régulièrement pratiqués en club de handball féminin (E.S.Besançon).

COMMENT PREVENIR LES ENTORSES DE CHEVILLE ?

Les axes principaux à développer afin de prévenir le risque d’entorse sont les suivants:

          -Stabiliser la cheville par des exercices stimulant le système proprioceptif  (marche pieds nus sur terrain varié pelouse, sable, gravier).

         -Améliorer la mobilité de  toutes les articulations du pied (jeu de balle pieds nus)

        -Habituer la cheville aux changements d’appuis et de direction

         -Renforcer les muscles fibulaires, triceps sural , fessiers et ischio-jambiers en entraînement fonctionnel

Que les exercices soient effectués de manière collective ou individuelle, ils doivent être une préoccupation constante  lors de la préparation physique  afin de limiter  l’apparition des blessures.

 

REATHLETISATION SUITE A UNE ENTORSE DE CHEVILLE .

La réathlétisation de la joueuse de handball après entorse de cheville est une étape essentielle avant la reprise de la compétition. En effet l’indisponibilité malgré des séances de maintien physique  adaptées  réduit les capacités physiologiques de l’athlète qui devra retrouver ses aptitudes technico-physiques sans appréhension afin d’être opérationnelle lors de la reprise de la compétition.

En la circonstance le rééducateur devra faire preuve de créativité afin d’optimiser la réathlétisation et de proposer des exercices en  situations de plus en plus proche de la compétition.

En pratique ; en quoi consiste cette réhathlétisation ?

          Récupérer totalement la mobilité et  la souplesse articulaire par des exercices de « tonification globale » avec un élastique ens’inspirant (pourquoi pas ?) des principes neuro-musculaires de Kabat. Montée et descente d’escaliers ; marche sur talon puis avant pied, déplacements latéraux, course en reculant.

         Réactiver les informations des mécanorécepteurs proprioceptifs ; sur le sol, sur coussin, sur bossu, trampoline sans puis avec sauts.       

 L’utilisation d’un appareil de type « Myolux » est fortement conseillé.

          Renforcer la chaine musculaire du membre inférieur ;  sans oublier un travail de gainage.

         Introduire des exercices favorisant  les changements d’appui par des courses latérales dans une échelle de rythme ou par dessus des haies ou des plots

        Développer  la réception au sol par de la pliométrie basse (saut d’un banc, petites haies, cerceaux).

Ce n’est qu’une fois effectués ces exercices d’intensité progressive que la joueuse de handball pourra reprendre le jeu avec ballon. Ensuite, l’entraînement collectif  suivra naturellement ; toujours sous la responsabilité du kinésithérapeute qui pourra en fin de séances de réathlétisation ou d’entrainement prodiguer des soins de physiothérapie ( massage) pour le plus grand plaisir de la joueuse.

Absence de limitation articulaire, de douleurs invalidantes, d’œdème persistant sont les critères indispensables pour autoriser une joueuse à reprendre la compétition avec contention adhésive dans un premier temps (par sécurité) qu’il faudra vite abandonner…

Merci aux « panthères de feu » du ROC-ASSJ Handball

Votre dévoué Cricri (le kiné de permanence).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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